L’objectif général de cet axe de recherche est d’étudier de quelle manière les connaissances, jugements, croyances, représentations développés par l’individu sont affectés par, ou reflètent, des processus de construction de nature sociale. Cet axe de recherche est structuré en deux programmes qui développent des niveaux d’analyse différents et complémentaires de ces processus. Un premier programme concerne spécifiquement l’étude des mécanismes sociocognitifs impliqués dans la construction et l’expression des connaissances et des jugements sur soi et autrui. Un second programme concerne l’étude des processus d’élaboration et d’appropriation des connaissances en tant que croyances et représentations sociales ainsi que leurs transformations, à partir d’objets constituant des enjeux sociétaux.

 

Régulations socio-cognitives des connaissances sur soi et autrui

Cet axe de recherche se donne pour objectif principal l’étude des régulations sociocognitives impliquées dans la construction des connaissances et des jugements sur soi et autrui. Les travaux prendront appui sur les champs de la psychologie du développement et de la psychologie sociale en articulant des méthodologies expérimentales et quasi-expérimentales, quantitatives et qualitatives. Ils se déploieront principalement dans deux directions.

Une première direction concernera l’étude des processus régulant l’acquisition des normes et la construction des identités. Il s’agira ici d’étudier l’élaboration de l’identité (par exemple, de l’identité sexuée) et de la conscience d’autrui (théorie de l’esprit, empathie, compréhension des émotions). Cette connaissance de soi et d’autrui sera également questionnée sous l’angle du développement des compétences relatives à l’appropriation des conventions et des normes sociales. Il s’agira aussi d’examiner les processus d’acquisition de la prise de conscience (clairvoyance) de la normativité associée à certains comportements ou certains jugements.

Une seconde direction de recherche concernera l’étude de la mise en œuvre des normes en contexte. Les normes d’interaction et pratiques langagières feront l’objet d’un intérêt particulier en se centrant sur les processus d’ajustement dans les interactions verbales, sur le traitement des indices langagiers et les discriminations par le langage dans le jugement d’autrui. Il s’agira aussi d’étudier l’intervention des normes etdes valeurs sociales dans la construction des impressions et des jugements sur soi et autrui sous l’angle d’un modèle culturellement valorisé de la personne et des processus d’humanisation / déshumanisation, des modèles d’acculturation et de leurs implications sur l’acceptation ou le rejet des migrants, des modèles de justice et des processus participant à l’élaboration des sanctions judiciaires dans le contexte de la transgression des normes légales.

Croyances et représentations et sociales

Dans ce programme de recherche fondé sur la théorie des représentations sociales initiée par Moscovici (1961/1976), l’individu n’est pas conçu comme une entité isolée, mais comme un individu dont l’activité de perception et de jugement est nécessairement médiatisée par des autrui signifiants. Il n’est pas non plus considéré comme un être irrationnel adhérant à des croyances sans fondement, mais comme un être co-produisant et adhérant à des significations collectives. L’étude des représentations sociales permet justement d’aborder les contenus (les connaissances signifiantes) et les processus d’élaboration de ces savoirs quotidiens insérés dans des contextes sociaux et culturels, historiquement et temporellement situés.

Les travaux développés dans ce programme participent donc à une anthropologie de la société contemporaine et à une réflexion sur la fabrication du lien social et de l’altérité. Pour ce faire, une série de recherches sont menées portant sur des objets sociaux constituant des enjeux de société tels que : l’environnement, les risques, la croissance économique, l’alimentation, la santé, la religion, l’homosexualité, la différence des sexes. Tout en visant la description de l’appropriation de ces savoirs communs ainsi que de leur construction, nous cherchons à rendre compte des dynamiques des représentations sociales dans des contextes intergroupes.